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Du 6 au 30 janvier 2011. Jeudi, vendredi, samedi à 20h30 et dimanche à 17h. Usine Hollander 1, rue du Docteur Roux 94600 Choisy-le-Roi. Tél : 01 46 82 19 63. Ligne C du RER – Station Choisy-le-Roi Avec "Sans la gaîté, sans les amours, tristement vous passez vos jours", Patrice Bigel et sa compagnie "La Rumeur", nous invitent à un rapprochement, un entrelacement entre les temps et les espaces pour mieux nous faire entendre les concordances, les similitudes d'un lieu et d'une écriture où la marge et les ombres révèlent plus de notre condition que le centre et les lumières. Et si notre contemporain, c'était déjà hier! Guy Flattot |
le blog de martine silber: marsupilamima
On a un peu tendance à ne connaître d'Henry Monnier que le personnage de M. Prud'homme et je n'avais pas été vraiment convaincue par le spectacle présenté à Chaillot en 2007 par Jérôme Deschamps, composé d'extraits des Scènes populaires. Mais la curiosité ne se combat qu'en allant voir par soi-même de quoi il retourne. D'abord le lieu, une ancienne manufacture de tannerie, vaut le détour, non seulement de l'extérieur mais de l'intérieur et la salle assez petite dispose d'un beau plateau. Ensuite, le travail effectué à partir des Bas-Fonds de la société révèle un auteur nettement plus intéressant que ce concentré de bêtise que je connaissais un peu. oh de la bêtise, il y en a toujours, de la bêtise carrément grave même, parfois, mais qui apparaît à travers un oeil qui en est friand et bien acéré. On dit qu'Henry Monnier quand il ne caricaturait pas les passants, prenait en notes dans ses calepins tout ce qu'il entendait, un travail de documentariste qui se prolonge dans le temps et nous apparaît par moments totalement contemporain. C'est l'avantage de la bêtise, elle ne prend pas une ride avec le temps. Il y a aussi la restitution du langage, celui des Bourgeois et leurs imparfaits du subjonctif et celui des petites gens, nettement plus jargonnant. Henry Monnier s'appliquait à restituer ces tournures de phrase, la syntaxe défectueuse ou simplement bizarre, les mots sortis de leur sens commun, l'ineptie et l'absurdité des uns comme des autres et le grand sérieux que l'on met à proférer des insanités. Mais tout cela ne serait rien, en tous cas pas du théâtre sans les comédiens, la scénographie et la mise en scène.Sophie Chauvet, Mara Bijeljac, Matthieu Beaudin et Karl-Ludwig Francisco, tantôt bourgeoises et bourgeois, peintre et portraiturée, médecin des pauvres et des riches, agonisant sans ressources, portière, domestiques, commères de rues, sont magnifiques et plein d'énergie sous leurs maquillages blancs (céruse ou clown). Rendons leur aussi l'hommage qu'ils méritent pour parler monnier, ce qui franchement n'a pas dû être toujours simple. Le plateau nu, presque toujours sombre est divisé au fur et à mesure de l’enchaînement des saynettes par des panneaux coulissants, que les comédiens font glisser apparemment sans effort, mais qui prennent parfois un aspect menaçant comme inspiré d'une nouvelle d'Edgar Poe. Les lumières sont magnifiques, simples cependant mais d'une précision diabolique, jouant sur les mains et les visages, surtout. Et la mise en scène fait le reste, sans effets comiques ajoutés, avec une distance qui évite tout côté boulevardier, on sourit donc plus qu'on ne rit, et de toutes façons comme les comédiens, on n'a pas vraiment le temps de souffler, ça court, ça virevolte, ça se pose, ça débraye et ça repart. Bref, encore un spectacle qui prouve que si l'on est curieux, on a tout intérêt à franchir le périphérique. Jusqu'au 30 janvier (du jeudi au dimanche) |
Journal de bord d'Edith Rappoport, une accro de théâtreSANS LA GAÎTÉ, SANS LES AMOURS, TRISTEMENT VOUS PASSEREZ VOS JOURS (13)** adaptation et mise en scène de Patrice Bigel, Usine Hollander de Choisy le Roi 23 janvier 2011 |
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